Los niños de Raqqa

Supongamos que digo que hoy hubo otro atentado en París, en una escuela, y que murieron 5 niños. Cierro los ojos y veo los titulares, las reacciones, banderas, ofrendas, resoluciones de la ONU, análisis detallados y discursos con la mano en el pecho que juran que esto-es-un-acto-de-barbarie y sabremos-responder.

Supongamos ahora que digo que uno de los bombardeos en Raqqa hoy tuvo como objetivo una escuela, y que murieron 5 niños y otros 3 civiles. Abro los ojos y busco en la prensa francesa, busco, busco, busco, busco incluso murmurando el himno, allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé, busco, busco, busco y ni una sombra de esos cinco niños sin nombre, sin banderas, sin ofrendas, sin resoluciones de la ONU, sin análisis ni discursos.

*

(…)

Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jaques Prévert, Rappelle-toi Barbara